LES NOUVELLES GLANEUSES

paysage, projets

La ville adaptable en milieu rural / LES NOUVELLES GLANEUSES

LES NOUVELLES GLANEUSES page de garde

les nouvelles glaneuses_web_03

les nouvelles glaneuses_web_04

les nouvelles glaneuses_web_05

les nouvelles glaneuses_web_06

 Ussel, Argentat et Turenne (19) France /// moa : Europan France /// concours, 2015/// collaboration avec R. Perrot

Depuis 1945, les « campagnes » françaises ont fait l’objet d’investissements massifs de l’Etat formalisés par des aménagements de grande ampleur. Le territoire et ses ressources ont été développés et exploités au service d’une économie centralisée sans intégration réelle des économies locales en place. Aujourd’hui, cette approche aboutit à une impasse : l’assèchement de ces économies locales a provoqué la désertification des campagnes ; l’exploitation intensive des ressources a causé une crise écologique ; les modèles institutionnels mis en place par l’Etat se sont complexifiés et sont en crises. Ces différents malaises liés au monde rural se cristallisent autour d’une problématique émergente et bientôt incontournable : la disparition progressive des sols arables. D’après le ministère du développement durable, l’urbanisation artificialise 600 km2 de surfaces agricoles par an auxquelles il faut rajouter l’appauvrissement des terres du fait de leur exploitation intensive.

Le sol arable, que nous nommons sol riche, n’est pas une ressource renouvelable ; la protection et la redynamisation du monde rural passe avant tout par la protection de sa terre et sa sauvegarde tel un patrimoine. Nous définissons le sol riche comme l’équilibre entre l’exploitation d’une terre et sa permanence, ou, selon le vocabulaire employé par Augustin Berque, un accord retrouvé entre un groupe humain et le milieu qu’il habite. Cet accord, sans cesse en mouvement et renouvelé, est ce qui donne naissance à un paysage. Dans l’optique de retrouver cette relation, nous proposons d’inverser dans le projet notre rapport au sol actuel : celui-ci n’est plus défini comme un « vide » sans valeur ni définition mais bien le point de départ du processus de ruralisation. De servant, le sol devient servi par le bâti et le projet.

C’est cette relation que nous avons lue dans « les glaneuses » de J.F.Millet : trois personnages, au centre, ramassant (nettoyant) les reste des moissonneurs que l’on peut apercevoir dans le lointain. Partout le sol habité et mis en valeur, au dernier plan, quelques habitations en retrait. Il ne s’agit pas bien sûr de revenir à une époque disparue, mais de réactualiser l’équilibre perçu dans le tableau : retrouver la possibilité d’un sol riche et d’un paysage au 21ème siècle.

les nouvelles glaneuses_web_07

les nouvelles glaneuses_web_07b

les nouvelles glaneuses_web_08

les nouvelles glaneuses_web_08b

les nouvelles glaneuses_web_09

les nouvelles glaneuses_web_09b